Quentin Cadoret

Étudiant en deuxième année de BUT Génie Mécanique et Productique, IUT d'Aix-en-Provence

Le technique et le concret, c'est ce qui me motive : comprendre comment les choses fonctionnent, et les faire. En parallèle de ma formation, j'encadre en voile et je crée ma propre entreprise.

SolidWorks/CATIA/Tour/Fraiseuse CN/BAFA/Voile

Carte d'identité professionnelle

Ce que je sais faire, et d'où ça vient

Je viens d'un baccalauréat STI2D et je suis aujourd'hui en deuxième année de BUT Génie Mécanique et Productique à l'IUT d'Aix-en-Provence. J'y apprends la chaîne complète, de la conception assistée par ordinateur jusqu'à la pièce sortie de machine. En dehors de la formation, deux engagements me construisent autant que les cours : l'encadrement, en voile et en animation, et la création de ma propre entreprise.

Formation

BUT Génie Mécanique et Productique, 2e année
IUT d'Aix-en-Provence — après un baccalauréat STI2D

Concevoir

SolidWorks et CATIA pour la conception et la mise en plan, Excel pour le suivi et le calcul.

Fabriquer

Tour et fraiseuse à commande numérique : réglage, usinage, contrôle de la pièce obtenue.

Encadrer

BAFA et niveau technique de moniteur de voile : prise en charge d'un groupe, sécurité, pédagogie.

Entreprendre

Création d'une SASU de conciergerie et de prestation de services, menée en parallèle de mes études.

Expérience

Stage de deux semaines en cuisine au restaurant Le Bouquet Garni, à La Chapelle-sur-Erdre.

Langues

Français, langue maternelle. Anglais et espagnol, niveau B1.

Mobilité

Permis B1, A2 et permis bateau. Disponible en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

quentin44cadoret@gmail.com / 07 71 00 73 84

Qui suis-je

Mon parcours et ce que j'en comprends

Mon parcours. Après un baccalauréat STI2D, j'ai choisi le BUT Génie Mécanique et Productique à l'IUT d'Aix-en-Provence, où je suis aujourd'hui en deuxième année. Le STI2D m'avait déjà orienté vers l'industriel ; le GMP m'a permis d'aller plus loin, de la conception sur SolidWorks et CATIA jusqu'à la réalisation sur tour et fraiseuse à commande numérique.

Avec le recul, ce passage n'a pas été un simple prolongement. Au lycée, on me demandait de réaliser ; à l'IUT, on me demande de justifier. Pourquoi cette cote, pourquoi cette tolérance, pourquoi ce procédé plutôt qu'un autre. C'est ce glissement du « comment » vers le « pourquoi » qui a le plus changé ma manière de travailler.

Ce qui me motive : le technique et le concret. Ce qui m'intéresse, c'est de comprendre comment une pièce est pensée, dimensionnée, puis fabriquée — et de la voir exister. Passer du plan à la matière, c'est ce qui me plaît dans cette formation.

J'ai longtemps cru qu'aimer le concret voulait dire préférer l'atelier au bureau d'études. Je pense aujourd'hui que c'est plus précis : ce que je cherche, c'est le retour. Une pièce usinée me dit tout de suite si mon raisonnement tenait. Cela explique aussi comment j'apprends — je retiens peu d'un cours que je n'ai pas eu l'occasion d'appliquer, et ce qui m'est resté du BUT, ce sont les notions que j'ai utilisées : une cotation que j'ai dû corriger, un réglage machine raté puis réussi. J'ai cessé d'y voir un défaut, et j'organise désormais mon travail pour provoquer cette mise en pratique.

Mon projet entrepreneurial. En parallèle de mes études, je suis en train de créer ma propre entreprise sous forme de SASU, dans la conciergerie et la prestation de services. Cette démarche m'apprend ce qu'aucun cours ne m'apprendra : monter une structure juridique, chiffrer une prestation, trouver des clients et tenir mes engagements.

Elle m'a surtout mis face à une compétence que ma formation n'évalue pas : décider sans énoncé. En TD, le problème est posé et la réponse existe. En créant ma SASU, personne ne me dit si le statut choisi est le bon ni si mon tarif est juste. J'ai dû accepter d'avancer avec une part d'incertitude, et de corriger ensuite — l'inverse de ce que l'école valorise.

Ma formation en GMP, l'encadrement en voile et la création de ma SASU ressemblent à trois mondes séparés. En les mettant côte à côte pour construire ce portfolio, j'ai vu ce qu'ils ont en commun : dans les trois cas, je suis responsable d'un résultat devant quelqu'un d'autre. Un client, un groupe de stagiaires, un enseignant qui évalue une pièce. Ce n'est pas la technique qui fait le lien, c'est l'engagement à livrer.

(à valider) Deux directions coexistent aujourd'hui : une voie technique, celle du GMP, et une voie entrepreneuriale, celle de ma SASU. Je ne cherche plus à choisir tout de suite. Ma prochaine étape est de trouver un stage qui me permettra de voir si elles peuvent converger.

Centres d'intérêt

Ce que je fais en dehors des cours

Voile et encadrement

Je pratique la voile et j'ai le niveau technique requis pour encadrer comme moniteur. Titulaire du BAFA, je suis formé à la prise en charge d'un groupe : sécurité, pédagogie, adaptation au niveau de chacun. Permis bateau.

Encadrer sur l'eau, c'est décider vite avec des informations incomplètes : la météo change, le groupe fatigue, il faut trancher. J'y ai aussi appris qu'expliquer une manœuvre à quelqu'un oblige à la comprendre vraiment — un réflexe que je réutilise en TP quand j'explique une méthode à mon binôme.

Alpinisme

J'ai gravi le Gran Paradiso l'an dernier, à 4 061 mètres : mon premier sommet de plus de 4 000. Une course en haute montagne se joue bien avant le jour J — préparation physique, choix du matériel, lecture des conditions, départ de nuit, gestion de l'allure et de l'eau.

L'alpinisme m'a appris une chose que je ne trouve nulle part ailleurs : accepter de renoncer. On peut s'être préparé pendant des mois et faire demi-tour à deux heures du sommet parce que la météo tourne. La décision ne se discute pas, et elle n'a rien à voir avec l'envie ni avec l'effort déjà fourni. Cela m'a appris à distinguer l'obstination de la persévérance — une différence qui me sert aussi quand je m'entête sur une solution technique qui ne fonctionne pas.

Cuisine

Je cuisine beaucoup, et j'ai effectué un stage de deux semaines au restaurant Le Bouquet Garni, à La Chapelle-sur-Erdre. J'y ai découvert l'organisation d'un poste, le rythme d'un service et l'exigence de propreté qui va avec.

Ce stage m'a fait comprendre la valeur de la mise en place : tout ce qui n'est pas prêt avant le coup de feu est perdu pendant. C'est exactement la logique d'une gamme d'usinage — l'ordre des opérations et la préparation du poste décident du résultat bien avant la première passe d'outil. Deux métiers sans rapport apparent, la même règle.

Trail

Je cours pour l'instant sur des formats courts, avec l'objectif de passer sur une longue distance. Je préfère construire cette progression plutôt que de brûler les étapes : en montagne comme en course, vouloir aller trop vite se paie.

Entrepreneuriat

Création de ma SASU : statuts, offre de services, tarification, relation client. Un apprentissage permanent, en dehors de tout cadre scolaire.

Forces et faiblesses

Mon auto-évaluation

Honnête plutôt que flatteuse : c'est ce qui compte en entretien.

Mes points forts

  • Encadrement et pédagogie. BAFA et niveau de moniteur de voile : j'ai l'habitude de prendre en charge un groupe, d'expliquer, et d'assumer la sécurité des autres.
  • Esprit d'initiative. Je ne me contente pas de suivre ma formation : je monte ma propre entreprise en parallèle, avec les démarches et la rigueur que cela demande.
  • Sens du concret. Je suis plus à l'aise face à une pièce et une machine que devant une théorie abstraite. J'apprends en faisant.
  • Polyvalence technique. Je passe de la conception en CAO à la fabrication sur tour et fraiseuse CN. Je comprends la chaîne complète.
  • Autonomie. Créer une structure juridique seul, sans que personne ne me le demande, m'oblige à aller chercher l'information par moi-même.

Ces points forts ont une racine commune, que je n'avais pas identifiée avant de les écrire les uns à la suite des autres : je fonctionne mieux quand j'ai une responsabilité réelle. Un groupe sur l'eau, un client, une pièce à livrer. C'est une force, mais aussi une dépendance — j'ai plus de mal à me mobiliser sur un exercice sans enjeu concret, et c'est quelque chose que je dois travailler plutôt que contourner.

Difficultés

Les obstacles rencontrés

(à valider) Face à une difficulté, ma réaction spontanée est de chercher seul avant d'en parler. C'est utile quand le problème est technique et que j'ai les moyens de le résoudre ; cela me fait perdre du temps quand il aurait suffi de poser une question. Je m'impose aujourd'hui une limite avant de demander de l'aide.

(à valider) En rédigeant ce portfolio, j'ai constaté un manque plus gênant : je garde peu de traces de ce que je fais. Peu de photos de mes pièces, aucune note sur mes essais ratés. Mes apprentissages sont restés dans ma tête, et il a fallu les reconstruire de mémoire. C'est exactement ce que la démarche de portfolio est censée corriger, et j'ai commencé à documenter au fil de l'eau.

Valeurs

Ce sur quoi je ne transige pas

Fiabilité (à valider) Quand je m'engage sur une prestation ou un délai, je tiens. C'est la base de mon activité de services comme de l'encadrement.
Sécurité (à valider) Sur l'eau comme à l'atelier, on ne transige pas. Le BAFA et l'encadrement m'ont appris à anticiper plutôt qu'à réagir.
Travail bien fait (à valider) Une pièce dans les tolérances, un client satisfait : le résultat doit être à la hauteur, pas seulement terminé.
Autonomie (à valider) Chercher par moi-même avant de demander, et assumer mes décisions.
Analyse d'une situation

Un TP de tournage, analysé de près

Une situation simple de GMP, prise telle qu'elle s'est passée : sa place dans la formation, puis ce que j'y ai fait, observé et compris.

01Le contexte dans l'enseignement

Cadre

TP (travaux pratiques) de tournage à commande numérique (CN), en première année de BUT, au semestre 2. Il s'inscrit dans la SAÉ 2.4 (Situation d'Apprentissage et d'Évaluation), consacrée au pilotage de production.

Objectif

Produire en série des pièces d'échecs à partir de lopins d'AU4G, un alliage d'aluminium au cuivre, conformes aux cotes et aux tolérances du contrat de phase.

Ressources mobilisées

R2.07, pour le contrat de phase et la mise en œuvre de la machine. R2.08, pour la métrologie et le contrôle des pièces.

Mon rôle

Dans un groupe de sept, j'avais la phase 10 : conduite du tour CN SOMAB et contrôle des pièces en sortie de machine.

L'intérêt de ce TP, c'est le passage à la série. Usiner une pièce bonne, c'est appliquer un programme et un réglage. En produire seize, c'est autre chose : la première et la dernière doivent respecter les mêmes tolérances, alors que l'outil, lui, ne reste pas le même du début à la fin. La SAÉ suivait d'ailleurs la production avec des indicateurs SQCDM (Sécurité, Qualité, Coût, Délai, Management), et mon poste pesait directement sur l'indicateur Qualité.

02Ce que j'ai fait, observé, analysé

Fait

J'ai conduit le tour sur la phase 10 en suivant le contrat de phase, le document vu en R2.07 qui fixe pour chaque opération l'outil, les conditions de coupe et les cotes à obtenir. Après chaque pièce, je mesurais les cotes et je les comparais aux tolérances, puis je reportais les valeurs dans le tableau de contrôle du groupe.

Quand une cote commençait à s'écarter, j'ajustais les correcteurs dynamiques de l'outil, les correcteurs d'usure, dans la commande numérique, sans toucher au programme.

Observé

Au fil de la série, certaines cotes ont dérivé progressivement. La machine exécutait le même programme pièce après pièce, et pourtant les pièces ne sortaient plus tout à fait identiques.

(à valider) D'une pièce à la suivante, l'écart était trop faible pour se remarquer. La dérive n'est apparue qu'en lisant la colonne entière du tableau de contrôle.

Analysé

Un programme CN garantit une trajectoire, pas une pièce. Entre les deux, il y a un outil qui s'use et une machine qui chauffe. À mesure que l'arête de coupe s'use, la pointe de l'outil n'est plus exactement là où la commande numérique la croit, et les cotes se décalent avec elle. Le correcteur d'usure sert à ça : il décale la position de l'outil pour compenser l'écart, sans réécrire le programme.

Le contrôle n'est donc pas une étape de fin de série, c'est une boucle : mesurer, comparer à la tolérance, corriger, puis vérifier sur la pièce suivante que la correction a eu l'effet voulu. Bien menée, elle rattrape la dérive avant qu'elle ne sorte de la tolérance, au lieu de constater une pièce non conforme une fois qu'elle est faite.

(à valider) Ce TP a changé ma façon de lire un contrat de phase. J'y voyais une liste de cotes à atteindre ; j'y vois aujourd'hui une liste de cotes à tenir. Une pièce conforme n'est pas celle que le programme produit, c'est celle que l'opérateur maintient dans la tolérance du début à la fin de la série.

Une situation simple en apparence : une machine, un programme, seize pièces. Elle résume pourtant ce que le GMP m'a appris de plus utile jusqu'ici : un résultat ne s'obtient pas une fois pour toutes, il se surveille et se corrige.